Open Deezer, le pari fou de Deezer !

Deezer a lancé aujourd’hui Open Deezer, une API permettant à n’importe quel développeur d’utiliser les 15 millions de titres, les playlists et les radios du site de musique en streaming pour développer ses propres applications. Cette approche qui est à ma connaissance une grande première dans l’univers du web semble être un pari fou tant il risque de réduire le rôle de Deezer à sa portion congrue. Ou peut-être est-ce une révolution dans la manière de développer un éco-système multimédia ?

 

Qu’est-ce qu’Open Deezer ?

Intéressons-nous d’abord plus en détails à Open Deezer. Cette API met à disposition l’ensemble des contenus de Deezer à n’importe quel développeur tiers, pour qu’ils puissent créer toute forme de site Web, application mobile, TV, PC, widget, extension pour navigateur, et j’en passe, en utilisant le catalogue de musique, les playlists et les radios de Deezer. N’importe quel développeur qui aura une idée brillante de site de musique mais qui n’aura pas le contenu ni la force de frappe pour aller négocier avec l’ensemble des ayant-droits pourra ainsi se concentrer sur son produit, en utilisant le contenu fourni par Deezer. Mieux encore, il pourra bénéficier du système d’affiliation mis en place par Deezer qui le rémunérera à hauteur de 9,99€ pour tout nouvel abonné ayant souscrit via une application tierce. La contrepartie pour les développeurs, ou plutôt pour les utilisateurs, est que les personnes utilisant ces nouveaux services devront être abonnés à Deezer Premium, sinon ils ne pourront écouter que 30 secondes par titre.

Cette approche est à ma connaissance une grande première. Jamais dans l’histoire du Web, un site n’avait mis à disposition son contenu à disposition de développeur tiers pour développer des sites externes qui plus est un site média ! A titre de comparaison, cela reviendrait à ce que je mette le contenu de mon blog à disposition de n’importe quel développeur qui pourrait créer un site Web mieux léché en réutilisant mon contenu. En exagérant un peu, c’est comme si Wikipédia mettait l’ensemble de son contenu à disposition de Larousse pour qu’il en imprime des dictionnaires !

 

Une stratégie risquée

Cette approche me semble risquée à plusieurs égards. Tout d’abord, elle risque de fragmenter l’expérience utilisateur de Deezer au travers de multiples sites qui pourraient avoir des ergonomies et des fonctionnalités tout à fait diverses. Ainsi, un abonné Deezer qui aurait à disposition l’ensemble de ces sites ne retrouverait pas une homogénéité d’expérience entre ces services ou sur ses différents écrans.

Cela risque également de diluer fortement la marque Deezer au profit des sites tiers. En effet, mis à part l’abonnement qui reste propriété de Deezer, le site tiers deviendrait l’interface privilégié d’un utilisateur.

En étant quelque peu extrême, on pourrait même imaginer qu’un développeur de génie redéveloppe intégralement une nouvelle interface de Deezer, plus ergonomique, mieux designée, ou avec des fonctionnalités sociales plus poussées, attirant ainsi l’ensemble des utilisateurs de Deezer.

Cette approche pourrait ainsi voir le rôle de Deezer réduit à un simple acquéreur de droit et gestionnaire d’infrastructure technique back-office, et donc abandonner toute la partie de développement produit, front-office.

 

Mais pourquoi Deezer fait ce pari ?

Face à cela, il convient de se demander quelle logique pousse Deezer à faire ce choix. Une hypothèse peut être de considérer que Deezer est dans une logique totalement opportuniste. Deezer veut attirer des abonnés peu importe l’avenir de son site et cherche à engranger le plus d’utilisateurs payants possibles pour maximiser ses revenus (voire même réduire ses coûts, de développement notamment).

Une autre hypothèse peut être que Deezer ne se croit pas assez puissant pour créer un écosystème autour de son site. Cette approche est en effet à l’opposée de Spotify qui rappelons-le, cherche à devenir « l’OS de la musique » en mettant à disposition un kit de développement sur son logiciel permettant à des développeurs tiers de créer des applis, à l’instar d’iOS qui permet de développer des applications sur iPhone. Deezer pense donc peut-être que cette approche est vouée à l’échec car très contraignante pour les développeurs qui doivent suivre un cahier des charges bien précis et des validations lourdes.

Ce choix peut également être motivé par la volonté de Deezer de laisser la main à des développeurs tiers en considérant qu’il n’a pas les ressources suffisantes pour développer son produit à l’infini. En effet, avec la multiplication des écrans et la fragmentation des systèmes (d’exploitation notamment), il devient de plus en plus difficile de suivre les évolutions technologiques. Ainsi Deezer préfère-t-il peut-être laisser des développeurs tiers créer des applications sur l’ensemble des modèles de TV, portables, OTT, etc. notamment les plus confidentiels, plutôt que d’avoir lui même à porter son service sur chacun d’eux.

Cette approche pourrait aussi être vu comme une logique de crowdsourcing, en considérant (et c’est une évidence) que Deezer n’a pas la science infuse et en laissant émerger d’excellentes idées d’autres développeurs. Idées qui pourraient être à terme intégrées dans Deezer !

Enfin, peut-être que Deezer veut révolutionner totalement la vision de consommer du contenu multi-média en décorrélant le contenu de son produit. Le contenu serait alors universel pour tous les sites de l’écosystème Deezer et les produits seraient multiples au gré des préférences des utilisateurs. On retrouve un peu ce modèle dans le développement des infrastructures réseau télécom, où les opérateurs tendent à investir en commun dans la construction du réseau commun et où chacun développe ses offres, ses services et sa base de client. Deezer serait alors le point d’entrée unique des ayants-droits qui voudraient être présents sur des sites en streaming comme iTunes a pu l’être dans la vente de musique. Cela permettrait ainsi d’atteindre une taille critique et de gagner en pouvoir de négociation auprès d’eux. Quoi qu’il en soit, cela serait encore une fois un changement total de cap pour Deezer en abandonnant son rôle de plate-forme au profit d’un rôle de « gestionnaire de droit ».

Google rachète Motorola Mobility et ses 25 000 brevets pour $12,5Mds et entre sur le marché de l’électronique grand public

C’est et ce sera certainement LA news high tech de l’année, Google a annoncé hier avoir pris possession de Motorola pour un montant de 12,5 milliards de dollars soit un bonus de +65% par rapport à la valorisation actuelle de la société. Ce choix qui permet à Google de mettre la main sur près de 25 000 brevets signe un virage stratégique majeure pour la firme de Montain view qui entre de ce fait sur le marché de l’électronique grand public dont le seul segment des smartphones représentait 100 milliards de dollars en 2010.

Google et la guerre des brevets

De prime abord, le choix de cette acquisition parait motivé par la volonté de Google de contrer Apple et Microsoft dans la guerre des brevets qui fait rage actuellement. Ainsi avec seulement 2 000 brevets en poche, plus 1 000 suite aux rachats de brevets IBM, et face à la perte de l’appel d’offre pour le rachat des 6 000 brevets Nortel, Google se devait de réagir face une concurrence qui privilégie de plus en plus l’arme juridique à l’innovation produit. Ainsi, fort de 17 000 brevets et 7 500 en cours de validation, Motorola paraissait être la cible idéale pour défendre les positions de Google devant les tribunaux. Cette position se retrouve d’ailleurs dans la déclaration de Larry Page, PDG de Google, qui a annoncé lui même cet achat en précisant : « Notre acquisition de Motorola va accroître la concurrence en renforçant le portefeuille de brevets de Google, qui nous permettra de mieux protéger Android des menaces anti-concurrentielles de Microsoft, Apple et d’autres ».

Google et un tournant stratégique

Mais cet achat qui peut paraître surévalué pour un rachat pur et simple de brevets va aussi à permettre à Google de prendre un virage stratégique profond,  celui de conquérir le marché de  l’électronique grand public, de passer d’une société de service, de développeurs de software, à une société intégrée, verticalisée, maîtrisant la chaîne de valeur de bout-en-bout. Avec une part de marché de 2,4% soit le 8e rang mondial des constructeurs mobile, et un chiffre d’affaire au 2e trimestre de $3,34Mds en hausse de 28% et une perte nette de seulement de $56M, Motorola fait figure de poids lourd de la téléphonie mobile. Motorola bénéficie d’un savoir-faire dans la construction de matériel et dans tous les aspects de logistique, d’assemblage et dans les relations avec les fournisseurs et clients que cela induit. Google a donc choisi d’acquérir l’expertise qui lui manquait pour attaquer le marché des smartphones en direct et pour se battre à armes égales face à Apple. Google pourra ainsi pousser au maximum l’intégration de son système d’exploitation Android et de ses services (Moteur de recherche, Google Maps, GTalk, Google+, Youtube, etc.) avec les mobiles de Motorola et proposer une offre complète et intégrée de mobile et de services associés. Ainsi, sur un marché des smartphones estimé à 100 milliards de dollars en 2010, Google pourra certainement s’octroyer une part importante du gâteau, fort de ses 36% de part de marché sur le marché des OS. Par exemple, Google pourra redynamiser Motorola en Europe où la firme avait choisi de se désengager pour réduire ses coûts, ce qui a eu pour conséquence une baisse de sa part de marché de 16,1% il y a 5 ans à 0,7% aujourd’hui. Cela sera d’autant plus pertinent que Google bénéficiera de la primauté technologique dans le domaine de la téléphonie et ne sera plus contraint de lancer des téléphones quasi dépassés au moment de leur sortie, comme par exemple avec Samsung qui avait préféré privilégier ses mobiles dont le Galaxy S II, au détriment du Nexus S qui fut dépassés quelques mois à peine après sa sortie. Google pourra ainsi maîtriser la chaîne de valeur de bout-en-bout du software au hardware pour proposer les meilleurs téléphones possibles. Enfin, cette acquisition ouvre des portes à Google sur d’autres marché comme celui des tablettes, où Motorola propose déjà le modèle Xoom sous Android Honeycomb, et de la télévision, pour lequel Motorola construit les set-top box des principaux cablo-opérateurs américain. Ainsi, Google pourra pousser son système d’exploitation Google TV et proposer directement ses services avec une offre de boitier OTT. Et pourquoi ne pas à terme imaginer que Google/Motorola proposent des PCs, des liseuses ou des lecteurs mp3, pour pousser des services Google comme Chrome OS, Google Book ou Google Music. Google est donc potentiellement en passe de passer d’un modèle de firme Web dont les activités sont essentiellement financée par la publicité en B2C et la licence en B2B, à une société industrielle qui tirera ses revenus principalement de la vente directe de produits et services.

Une acquisition et des interrogations

Néanmoins cette acquisition ne manque pas de soulever quelques questions. En premier lieu, vis-à-vis des partenaires de Google qui ont choisi d’utiliser Android. Google affirme vouloir maintenir l’ouverture d’Android et laisser l’accès libre à son OS mais on peut facilement imaginer que Google préférera tirer profit des dernières innovations de son OS pour ses propres téléphones, comme ces partenaires ont pu privilégier les meilleurs technologies d’hardware pour leur téléphone au détriment des mobiles proposés par Google. Ainsi, il sera intéressant d’observer la réaction des Samsung, LG ou Sony qui pourront peut-être se tourner vers d’autres systèmes d’exploitation comme Windows phone ou Meego. Dans ce domaine, il sera également intéressant de suivre la réaction des concurrents de Google, Microsoft au premier chef qui devra inévitablement réagir à cette annonce. La firme de Redmond choisira-t-elle de suivre la même stratégie, comme par exmple en prenant possession de Nokia (qui a gagné +16% à la bourse depuis cette annonce !), au risque de limiter ses chances de pousser son OS mobile auprès d’autres constructeurs, ou choisira-t-elle de maintenir sa position actuelle pour justement reprendre la place que Google occupait avec Android ? D’autant, que des rumeurs précisent que Microsoft était également à la table des négociations pour racheter Motorola. Enfin, on peut s’interroger sur la capacité de Google a gérer une telle acquisition. En effet, Google qui a toujours privilégié l’acquisition de start-up, pour des montants limités (mis à part Doubleclick racheté $3,1Mds), réalise ici son plus gros achat. De plus, avec 19 000 employés Motorola Mobility fait presque doubler la masse salariale de Google qui comptait auparavant 24 000 employés. Ainsi, si Larry Page a affirmé vouloir maintenir Motorola comme une entité séparée, il sera inévitablement nécessaire d’encourager l’intégration des équipes Motorola pour créer des synergies entre les 2 sociétés. Le succès de ce rachat pourra ainsi se mesurer à la capacité de Google à gérer cette intégration ou peut-être la société préférera-t-elle démanteler totalement Motorola pour n’en garder que les brevets, ce qui limiterait l’argumentaire au premier point, l’aquisition de brevets, pour délaisser l’opportunité d’intégrer verticalement le marché de l’électronique grand public. L’avenir nous le dira…

Spotify valorisé à 800M€ aujourd’hui, Deezer 80M€ par Orange il y a un an, cherchez l’erreur…

Spotify a été valorisé aujourd’hui 774 millions d’euros  suite à une levée de fonds de 69M€ qui devrait lui permettre de poursuivre sa croissance à l’international, notamment aux US. Pour rappel, même si le chiffre n’avait pas été annoncé, Deezer aurait été valorisé 80 millions d’euros par Orange pour en acquérir 11% des parts.

Il est donc légitime de se demander si Spotify vaudrait près de 10 fois plus que Deezer ? Ou s’il suffit aujourd’hui d’un bon buzz aux US pour décrocher le jackpot ? ou finalement si Orange n’aurait pas réalisé la bonne opération il y a un an ?

Est-ce que Spotify vaudrait près de 10 fois plus que Deezer ?

Pour répondre à la première question, comparons les 2 services. Sur l’offre et le business model il n’y a fondamentalement aucune différence entre les 2 sites : un service d’écoute de musique en streaming, gratuit et payant de 5 à 10€ / mois, disponible sur PC et mobile. Par contre, trois différences majeures les distinguent.

La première à l’avantage de Spotify est le catalogue de musique. En effet, le site suédois a réussi à signer des accords avec la plupart des maisons de disque pour lui permettre d’associer un catalogue varié à une disponibilité dans un grand nombre de territoires, dont les Etats-Unis. A condition, et voilà la deuxième différence, d‘imposer une limitation aux utilisateurs, à savoir limiter l’écoute d’un titre à 5 fois. Ainsi, au-delà de 5 écoutes d’une chanson, un utilisateur ne pourra jamais au grand jamais la ré-écouter sur Spotify, à moins de passer sur une offre payante. Contrainte qu’a refusé Deezer, qui a fondé son service sur le principe de playlist et qui ne pouvait donc accepter cette limitation. Le site français a préféré limiter l’écoute à 5h/mois, ce qui permet de maintenir une utilisation du service dans ses fonctionnalités de base et qui ne doit impacter finalement que 10% des hard-users. Avantage donc à Deezer sur ce point, mais inconvénient lorsqu’il s’agit de négocier avec les majors, Universal en tête, qui refusent d’accepter cette condition. La dernière différence réside dans les technologies utilisées pour la version fixe : un site en html5 pour Deezer, un logiciel à installer pour Spotify. A l’heure du cloud computing, des modèles d’architecture en SaaS et autres ChromeOS, l’avantage serait plutôt à Deezer qui a choisi une technologie tourné vers l’avenir.

Donc résultat final 1-2 pour Deezer. Mais le point marqué par Spotify sur l’exhaustivité du catalogue est sans doute suffisant à lui  seul pour dépasser les 2 autres, particulièrement pour un service d’écoute de musique ! A moins, que la limitation à 5 écoute au total se révèle être une condition rédhibitoire à moyen terme pour les utilisateurs.

Est-ce qu’il suffit d’un bon buzz aux US pour décrocher le jackpot ?

Mais peut-être que la victoire de Spotify réside dans un autre domaine, le buzz. En effet, il ne fait aucun doute que Spotify bénéficie d’une sur-médiatisation et d’un buzz positif et en particulier aux US, terre d’accueil des start-ups en quête de croissance et de valorisation à 9 chiffres. Avec l’entrée de Sean Parker, co-fondateur de Napster, au capital de Spoify le site a connu une exposition sans pareil aux Etats-Unis alors que le site n’y était encore pas disponible (pour l’anecdote c’est le même Sean Parker qui est entré au capital de Facebook à ses débuts et que l’on retrouve dans le film The Social Network incarné par Justin Timberlake, ce dernier ayant racheté récemment MySpace, concurrent malheureux de Facebook… On s’y perdrait presque !). Par ailleurs, Spotify surfe sur la vague de Netflix qui sur le même modèle dans le cinéma connait un vif succès aux Etats-Unis. Spotify occupe donc une place vacante dans l’esprit des gens pour un service de consommation payante de musique par abonnement. Pour preuve, ce fameux buzz a permis à Spotify de compter 70 000 nouveaux abonnés une semaine à peine après son lancement aux US.

Est-ce que Orange aurait réalisé la bonne opération il y a un an ? 

Mais un buzz positif et un catalogue exhaustif suffisent-ils à justifier cet écart avec Deezer, et finalement est-ce qu’Orange n’aurait pas fait la bonne opération il y a un an ? Tout d’abord, lorsqu’on y regarde de plus près, la valorisation de Spotifiy parait largement sur-évaluée. En effet, le site a enregistré des pertes de 26M€ en 2010 pour seulement 50,9M€ d’actifs. Mais le site semble également vivre ses premières difficultés à l’international avec son entrée sur le marché américain où il est poursuivit pour violation de brevets. A l’inverse, grâce à sa stratégie d’intégration de Deezer à ses abonnements, Orange a réussi à véritablement convertir les utilisateurs du service au modèle payant en passant de 25 000 abonnés au moment de la prise de participation à 800 000 abonnés en mars avec un objectif d’1M d’abonnés dès cet été. Le  développement à l’international de l’offre permettra également de perpétuer la croissance du nombre d’abonnés au service, notamment au UK où Deezer sera prochainement proposé aux abonnés Orange. Une fois le différend avec Universal résolu et des partenariats signés avec les grandes maisons de disque à l’international, il ne restera donc qu’un pas avant l’expansion et le succès du service aux Etats-Unis : celui de créer le buzz outre-atlantique !

via PaidContent

La passe de trois aura bien lieu : Orange rachète 49% de Skyblog !

Épilogue d’un suspens qui a duré près de 8 mois pour savoir si Orange allait prendre possession du Web français, le verdict est tombé : la réponse est Oui ! En effet, Orange vient d’annoncer aujourd’hui l’acquisition de 49% du pôle Web de Skyrock et notamment la plate-forme de blog bien connue Skyblog pour un montant non annoncé.  Skyblog c’est 12M de visiteurs uniques en France pour près de 600 millions de pages vues et 18M de VU dans le monde. Il se classe 24e site le plus visité en France selon Alexa.

Quel mouche a donc piqué Orange pour continuer sa folle aventure d’acquisition de site Web français et surtout pour acheter Skyblog ?

Les points forts du site :

Avec près de 12M de VUs, Orange semble en premier lieu acheter une base d’utilisateurs et l’audience du site. De cette manière, Orange pourra poursuivre la valorisation de ses contenus pour sa régie publicitaire Orange Ad Network, qui plus est avec un site à 600M de pages vues.  En outre, les utilisateurs de Skyblog sont généralement des jeunes. Ainsi Orange pourra proposer une audiences ciblées à ses annonceurs. Par ailleurs, la place que Skyblog occupe à l’international permettra à Orange de poursuivre le développement de sa régie hors des frontières françaises comme il a pu le faire en signant un partenariat avec Dailymotion pour devenir sa  régie européenne.  Enfin, Orange rajoute une corde de contenus à son arc, après la musique de Deezer, la vidéo de Dailymotion, voilà le texte et la photo avec Skyblog.

Les interrogations :

Mais des questions demeurent quant à l’attrait réel de cette plate-forme. Tout d’abord, et c’est bien connu, Skyblog héberge des contenus de faible qualité, sans grand intérêt. Aussi, cela pourrait être un frein pour les annonceurs qui ne voudront certainement pas associer leur marque aux contenus proposés. En outre, avec l’émergence des réseaux sociaux, Facebook, Twitter et Google+ en tête, les plates-formes de blog semblent être de plus en plus dépassés et sont plus sur le déclin que sur la croissance. Enfin, on peut s’interroger sur le développement business du site au-delà de la publicité, Deezer et Dailymotion proposant des contenus monétisable par du payant, on imagine mal payer pour l’accès à Skyblog !

Le défi d’Orange :

Le défi pour Orange  après ce rachat sera donc bien de convertir Skyblog en plate-forme « propre ». De faire levier sur sa base d’utilisateurs pour créer un véritable réseau social pour les jeunes où ils pourront raconter leur vie et leurs aventures, avec le risque aussi de perdre les utilisateurs existants. En intégrant en plus de la musique et des vidéos, qui sont aussi très adaptés au partage,  Orange pourrait réussir à créer un éco-système propice à l’émergence d’un réseau de partage multi-contenus et créer des synergies pour une valorisation globale de ses acquisitions. Mais pour le coup, le défi est vraiment de taille !

Pourquoi Google s’échine-t-il à vouloir fermer des comptes utilisateurs « anonymisés » et que devrait-il faire ?

Google ferme depuis quelques jours les profils Google+ d’utilisateurs ayant utilisé un pseudonyme,  les faux profils et les comptes d’auto-promotion de marque ou de blog. Cette politique fait débat et l’incompréhension est de mise tant elle semble aller à rebours des attentes de ses utilisateurs.  Je me suis donc interrogé sur les motivations de Google à mettre en place ce type de pratique et vais tenter à mon humble niveau d’apporter une solution alternative qui aurait pu permettre à Google de continuer à surfer sur son buzz positif.

Rappel du contexte

Rappelons tout d’abord de quoi il s’agit. Google+ avait prévenu dès son lancement qu’il n’accepterait que des profils publics, c’est à dire identifiable dans le moteur de recherche et dont le nom d’utilisateur correspond au nom réel de la personne. Donc pas de pseudonyme, de surnom ou de nom d’emprunt. Pas non plus d’usurpation d’identité, en créant un compte à la place d’une célébrité. Dans tous ces cas, si cette politique n’était pas respectée, Google fermerait purement et simplement le compte des utilisateurs. Il en va de même pour les comptes d’auto-promotion de marques, de sites ou de blogs qui ne sont pas encore admis sur Google+. Face à la grogne montante de certains utilisateurs qui ont vu du jour au lendemain leur compte fermé sans autre forme de procès, Google a décidé d’avertir les utilisateurs par email de la fermeture prochaine de leur compte en leur laissant la possibilité de revenir dans le droit chemin. Google permet aussi à posteriori de re-paramétrer son compte pour rentrer dans les rails de la politique du site. Bien sûr, en cas de suspension de compte cela n’aura pas d’impact sur l’accès aux autres sites de Google comme Gmail. Heureusement !

Pourquoi Google fait-il cela ?

Il convient maintenant de s’interroger sur les motivations qui poussent Google à faire cela. Google semble chercher à créer un réseau « propre », en éloignant notamment les spammers se cachant derrière un pseudonyme. Il souhaite aussi garantir qu’une personne écrivant un message où postant un commentaire soit bien la bonne personne et pas un usurpateur d’identité. Google semble également chercher à ajouter le dernier chaînon manquant à son moteur de recherche : la recherche de personnes. En effet, en garantissant la véracité du profil d’un utilisateur, Google garantit qu’une recherche sur un nom renvoie invariablement et sans faille à la bonne personne. En réunissant ces deux points, Google cherche au final à offrir les moyens à une personne de contrôler son e-reputation, en mettant à disposition une page de profil paramétrable sur Google+, en obligeant l’utilisation d’un profil public et en garantissant la véracité du profil.

Pourtant Google fait une erreur

Malgré cette bonne volonté en apparence, Google se trompe, à mon sens, de combat.

Tout d’abord, il souhaite imposer une règle à quelque chose qui touche au plus près la personne : son identité et donc par corollaire d’imposer quelque chose à une personne. Fondamentalement, cela peut donc être vu comme une action autoritaire d’imposer quelque chose à ce qui touche au plus près d’une personne. Et quand on a pour motto « don’t be evil » ce type de pratique écorne quelque peu l’image de Google.

Parenthèse philosphique fermée :), l’autre problème de cette politique est qu’elle ne correspond pas aux usages des internautes sur les sites communautaires. En effet, il est de contume d’avoir plusieurs profils, plusieurs identité sur la toile. On pourra écrire un blog à son nom car on en maitrise le contenu et les messages, on sera moins enclin à balancer un scud sur un forum ou un commentaire bien senti sur un blog avec son vrai nom. Ainsi, même sur Google+ on peut avoir envie de poster des messages ou de commenter un post de mainère publique quand on connait la personne et que l’on veut lui faire savoir qui écrit, on peut être réticent à répondre à un commentaire d’une personne que l’on suit mais que l’on ne connait pas avec sa propre identité (c’est mon cas en tout cas). Cela peut donc devenir un frein aux interactions sociales, ce qui pour un site communautaire n’est pas forcément de bon goût vous en conviendrez.

Que devrait faire Google pour appliquer une gestion de profil moins systématique ?

Nous l’avons vu, la politique de Google qui part d’une bonne volonté, semble ne pas avoir sa place dans un réseau social. Comment Google pourrait donc mieux gérer sa politique de gestion de compte tout en gardant ses bonnes intentions ?

A mon sens, Google devrait répliquer le modèle de cercle à une gestion concentrique des profils. Google a en effet très bien compris avec le système de cercle qu’on ne partageait pas la même information avec tout le monde et qu’on souhaitait contrôler les messages et les informations que l’on communique et avec qui. Il en va de même pour son identité, son profil,  son image. Ainsi, de même que l’on peut configurer ses cercles, il faudrait pouvoir configurer différents degrés de profil : un profil public avec un minimum d’informations (peut-être simplement le nom et une photo) garant de l’identité réelle de la personne, des profils personnalisés en fonction des personnes avec qui l’on communique, par exemple le surnom que nous donne un cercle d’amis, un autre pour un autre cercle, une photo de profil sérieuse pour son réseau pro et une photo de soirée pour son réseau d’amis, et éventuellement un profil anonyme qui nous permettrait d’interagir avec la communauté, de commenter, sans pouvoir être identifié. Toutes les données de profil (photo, nom, description) seraient configurables à souhait et pourrait donc être différente suivant les personnes avec qui l’on interagit. Google obligerait alors les membres du réseau social à avoir un profil public et qui corresponde à la vraie identité de la personne mais avec un minimum d’information, ce qu’ils veulent faire aujourd’hui. Ce profil serait référencé sur Google et le niveau d’information minimum devrait permettre de pouvoir trouver la personne. Les autres informations de description seraient soit absentes soit complétées suivant la volonté de la personne de contrôler son e-reputation et son image. Par contre, sur le réseau social, l’utilisateur aurait le choix d’utiliser son profil public ou un de ses profils personnalisés qui ne serait visible que par les personnes avec qui il partage une information. Idéalement, chaque profil pourrait être associé à un ou plusieurs cercles. Le profil anonyme enfin serait intraçable et garantirait à la personne de ne pas pouvoir être identifié.

Ainsi, par ce système Google contrôlerait les profils publics, assurerait l’exactitude des résultats de son moteur de recherche, et donnerait un outil de contrôle de son e-réputation sans pour autant systématiser de manière autoritaire l’utilisation de ce profil dans les interactions sociales du réseau. Il offrirait une flexibilité d’usage à ses membres et encouragerait au développement des interactions sociales sur le site. Enfin, par ce mode de fonctionnement, Google répondrait à la promesse d’universalité de Google+ en regroupant l’ensemble des profils d’un utilisateur sur la toile au sein de son réseau social, en offrant une finesse dans la visibilité et la gestion de son profil, à l’instar des cercles qui permettent de gérer ses interactions avec ses différentes communautés (amis, famille, pro, etc.).

Google+ : un succès en devenir et un avenir prometteur

C’est l’évènement de ces trois dernières semaines, Google a lancé Google+, considéré par certains (dont moi) comme la première alternative crédible à Facebook. Ce site qui s’approche en apparence de Facebook pourrait être la bonne pioche après les tentatives ratées de Google sur les réseaux sociaux, Google Buzz en tête.

Enfin Google a dégainé son arme secrète ! Après des mois de tractations, de rumeurs, de suppositions comme quoi Google chercherait à ajouter une couche sociale à ses services, voici enfin l’arrivée de Google+ et contrairement à ce que l’on a pu entendre ou lire, il semble que Google a choisi de lancer un réseau social from scratch, plutôt qu’une couche sociale.

Similitudes et différences entre Google+ et les autres réseaux sociaux

A première vue, le site s’appuie sur les mêmes fondamentaux que Facebook (fil d’actualité, partage d’information, partage de photos) et Twitter (système de follower) mais a ajouté des petites fonctionnalités qui pourraient bien garantir son succès.

En premier lieu, le système de cercle pour regrouper les personnes que l’on suit. Il permet de choisir à priori avec qui l’on souhaite partager une information (une personne, plusieurs personnes, un cercle, plusieurs cercles, etc.) et donc évite comme sur Facebook de décider une fois pour toute qui peut voir ou non quel type d’informations (par des réglages compliqués de son compte). Ici donc, on pourra partager des photos avec 1-2 personnes choisies comme avec un ou plusieurs groupes de personne définis avant le partage. En comparaison sur Facebook, il fallait partager avec tout le monde, tous ses amis, les amis de ses amis ou à certaines personnes par des paramètres compliqués. Le système de cercle permet aussi à posteriori de filtrer les informations partagées par ceux que l’on suit pour n’afficher que les données de tel ou tel cercle, fonctionnalité très pratique lorsque l’on suit des dizaines voire centaines de personnes et que seulement quelques unes nous intéresse.

Autre évolution majeure, l’instant upload. Il permet d’uploader automatiquement une photo prise avec son téléphone portable pour la retrouver sur Google+. Ainsi, plus besoin de connecter son téléphone sur son PC pour transférer ses photos sur Facebook, ou de choisir des photos à partager avec ses amis depuis son mobile . Ici, les photos sont uploadées directement et on choisira depuis son PC (ou son mobile) de les partager ou non, et avec qui. Encore une fois, Google cherche à nous faire gagner du temps et à nous faciliter la vie en transférant la gestion des photographies sur son PC plutôt que depuis le mobile ou par des transferts longs et compliqués de fichiers du mobile sur son PC.

Enfin, la visioconférence à plusieurs permettra de se retrouver entre amis sur Google+ pour se voir et discuter sur un sujet comme si on était ensemble dans la vraie vie. Fonctionnalité un peu gadget mais qui rajoute indéniablement un côté fun au service.

D’autres fonctionnalités laissent par contre plus dubitatif. Comme les sparks qui sont des espaces où l’on définit ses goûts pour que Google nous propose des articles ayant un rapport (ou peut-être que cela vient de mon côté geek préférant suivre mes flux RSS ou chercher des choses par moi même plutôt que de laisser Google me conseiller des articles…). Le bouton +1 enfin qui n’est pas un bouton de partage comme sur Facebook mais qui permet lorsqu’il est activé d’améliorer le référencement d’un article sur Internet lors d’une recherche Google et de bookmarker l’article pour le retrouver dans l’onglet +1 de sa page profil sur Google+. Cet onglet revient donc à un endroit où l’on retrouve tous les articles que l’on a aimé (une fonctionnalité qui donnerait presque une seconde jeunesse à Delicious ! :)). Dès lors, quel intérêt de mettre un +1 à un post sur Google+ s’il ne se retrouve ni dans ses feeds comme étant un commentaire liké ni dans l’espace +1 de son profil (à part bien sur pour gratifier la personne ayant écrit le post d’un +1).

L’avenir de Google+

Mais c’est surtout dans les possibilités offertes par Google+ que Google pourra vraiment tirer profit de son réseau social. Ce qui laisse à penser que cette première version n’est qu’un début.

Tout d’abord, Google semble très ouvert aux remarques, suggestions et recommandation de ses utilisateurs et transparent quant aux évolutions et améliorations à venir. Le lien « Send feefback » en bas à droite de la page semble tenir une grande importance pour le site. Cela permet à Google d’avoir des premiers retours sur son service mais aussi de se faire conseiller par des utilisateurs sur des évolutions qu’eux même n’auraient peut-être pas envisagés. Un bien bel exemple de crowdsourcing !

Ensuite, Google+ pourra sans doute encore mieux s’intégrer aux services existants de Google. Ainsi, comme Picasa est aujourd’hui parfaitement intégré à Google+ sur le partage de photographie, on peut imaginer demain que Google Reader, Google Docs ou encore Google Calendar soient aussi plus intégrés avec le réseau social permettant un partage facile et rapide avec ses cercles d’articles, de documents ou de rendez-vous  mais aussi pour Google de dévélopper l’usage et l’audience de ses services en créant des rebonds avec Google+. Il est d’ailleurs intéressant de noter pour Picasa que le service existe toujours en tant que tel et ne laisse pas totalement sa place à Google+ (même si un nouveau naming sera sans doute à venir). De la même manière, Google+ pourra aussi créer des liens avec Youtube, Google Music ou Android market pour pousser les logiques de recommandations sociales sur les films, les chansons ou les applications et par là même de développer les revenus de Google sur des services payants ou qui le deviendront de plus en plus.

Enfin, Google+ pourra créer des activités de toute pièce en  s’appuyant sur sa communauté d’utilisateurs. Par exemple, dans le social gaming, un des grands succès de Facebook, où Google n’a pas encore réussi à prendre pied par manque d’une communauté d’utilisateurs. Mais aussi, dans le marché B2B en offrant comme Facebook la possibilité de créer des pages de marque qui couplées à une logique de localisation pourraient être une sérieuse menace à des services comme Groupon dans le développement du commerce de proximité. Aussi, l’absence de publicité sur Google+ laisse à penser que le service ne sera pas ou peu monétisé de cette manière mais plutôt par de la vente de produit et services en B2C (film, musique, jeu, applications) et d’audience « atteignable » en B2B (page fan-like, local shopping).

Tout reste donc à construire pour Google+ qui semble enfin être le succès tant attendu par Google sur le marché des réseaux sociaux. Mais encore faut-il que les internautes adhèrent à ce nouveau réseau social pour faire grossir la communauté et ainsi faire de ce site un succès. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour Google.

Orange est-il en train de prendre possession du Web Français ?

Orange serait actuellement en phase de négociation pour entrer à hauteur de 30 à 50% dans le capital de Dailymotion, valorisant la société à hauteur de 200 millions d’euros. Après la prise de participation dans Deezer en juillet 2010 (Orange avait acquis 11% des parts), Orange poursuit sa marche en avant dans l’acquisition d’acteurs français du Web si bien que l’on peut se demander s’il s’agit d’une véritable stratégie d’entreprise ou d’un simple opportunisme ?

Orange a toujours affiché sa volonté d’utiliser le Web comme relais de croissance avec plus ou moins de succès. Le portail Orange.fr est l’exemple type du succès d’Orange sur le Web, le site se plaçant dans le top 5 des sites français les plus visités. Mais ce bon résultat est l’arbre qui cache la forêt. En effet, la place d’orange.fr s’explique surtout par la part d’abonnés Orange ADSL qui retrouvent le portail de l’opérateur en page d’accueil par défaut de leur navigateur, et par les autres abonnés ou prospects souhaitant se renseigner sur leur abonnement ou sur les offres. Ainsi, il est difficile de quantifier la véritable audience en propre du site.

Les autres initiatives de la marque auront à l’inverse eu beaucoup moins de succès, on peut citer quelques exemples comme wormee, bubbletop rebaptisé Djinngo, Pikéo ou récemment Vidéo Party. Tous ces sites n’ont pas réussi à trouver leur audience et leur résultat s’explique notamment par les renvois d’audience du portail Orange.fr vers ces sites.

Ainsi, il semblerait qu’Orange se soit résolu à basculer d’un modèle de croissance organique sur le Web à une stratégie de croissance externe, via des prises de participation de grands acteurs français du Web.

Ce mode de développement, bien que coûteux offre l’avantage de bénéficier d’une base d’audience établie, d’une légitimité de marque que le nom Orange ne véhicule pas forcément chez les internautes et de solutions « clé en main » qui permettent d’être fonctionnel très rapidement. En outre la prise de participation et non l’acquisition complète permet de limiter les risques tout en maintenant les équipes en place. Enfin, outre les revenus propres générés par les activités de ces sites, Orange semble vouloir créer des synergies avec ses propres offres. Ainsi Deezer a été intégré aux abonnements des clients mobiles, avec succès puisque plus de 500 000 abonnés y ont souscrit depuis le lancement de l’offre en Août 2010 (source Orange). On peut rappeler également le cas de Cityvox racheté en 2008 et qui est maintenant intégré à la chaîne « En ville » du portail Orange et à la chaîne cinéma sous la marque de sa filliale Cinéfil.

De la même manière, on peut facilement imaginer l’utilisation potentielle de Dailymotion dans l’offre d’Orange sur PC en complément de Vidéo Party mais aussi sur TV en complétant l’offre IPTV de l’opérateur par une consommation de contenus délinéarisés de vidéos courtes (Dailymotion est d’ailleurs déjà intégré au bouquet TV de SFR). Orange va également bénéficié du savoir-faire éditorial de Dailymotion pour la mise en avant de contenu et l’acquisition de contenus de qualité semi-professionel comme les webséries. Enfin, Orange pourra s’appuyer sur les infrastructures techniques déployées par Dailymotion pour délivrer de la vidéo en ligne.

On peut maintenant se demander où s’arrêtera Orange dans cette démarche et quelles pourraient être les prochaines cibles de l’opérateur ? Aujourd’hui, personne ne peut dire quel est le véritable modèle employé par Orange, mais les premiers succès rencontrés peuvent laisser penser à une généralisation du modèle. Néanmoins, les entreprises cibles se font de plus en plus rares et Orange devra certainement se tourner vers des acteurs locaux étrangers pour trouver de nouvelles opportunités. On peut cependant citer quelques exemples français qui pourraient attirer Orange comme Allociné en complément de l’offre cinéma d’Orange Cinéma Séries, des sites de blogging comme Skyrock blog ou over-blog (groupe TF1) pour développer les usages sociaux, des sites de contenus et d’information comme Wikio ou comment ça marche en complément du portail Orange.fr, voire pourquoi pas un acteur du e-commerce comme cdiscount (groupe casino) ou rue du commerce qui permettraient de faire de l’upsell et du cross-sell en vendant des produits high-tech en complément des abonnements (par ex. la vente de TV HD en complément de l’abonnement IPTV).

L’avenir nous dira  donc si Orange continue sa politique d’acquisition ou si les cas Deezer et Dailymotion ne sont que de simples opportunités pour Orange…