La passe de trois aura bien lieu : Orange rachète 49% de Skyblog !

Épilogue d’un suspens qui a duré près de 8 mois pour savoir si Orange allait prendre possession du Web français, le verdict est tombé : la réponse est Oui ! En effet, Orange vient d’annoncer aujourd’hui l’acquisition de 49% du pôle Web de Skyrock et notamment la plate-forme de blog bien connue Skyblog pour un montant non annoncé.  Skyblog c’est 12M de visiteurs uniques en France pour près de 600 millions de pages vues et 18M de VU dans le monde. Il se classe 24e site le plus visité en France selon Alexa.

Quel mouche a donc piqué Orange pour continuer sa folle aventure d’acquisition de site Web français et surtout pour acheter Skyblog ?

Les points forts du site :

Avec près de 12M de VUs, Orange semble en premier lieu acheter une base d’utilisateurs et l’audience du site. De cette manière, Orange pourra poursuivre la valorisation de ses contenus pour sa régie publicitaire Orange Ad Network, qui plus est avec un site à 600M de pages vues.  En outre, les utilisateurs de Skyblog sont généralement des jeunes. Ainsi Orange pourra proposer une audiences ciblées à ses annonceurs. Par ailleurs, la place que Skyblog occupe à l’international permettra à Orange de poursuivre le développement de sa régie hors des frontières françaises comme il a pu le faire en signant un partenariat avec Dailymotion pour devenir sa  régie européenne.  Enfin, Orange rajoute une corde de contenus à son arc, après la musique de Deezer, la vidéo de Dailymotion, voilà le texte et la photo avec Skyblog.

Les interrogations :

Mais des questions demeurent quant à l’attrait réel de cette plate-forme. Tout d’abord, et c’est bien connu, Skyblog héberge des contenus de faible qualité, sans grand intérêt. Aussi, cela pourrait être un frein pour les annonceurs qui ne voudront certainement pas associer leur marque aux contenus proposés. En outre, avec l’émergence des réseaux sociaux, Facebook, Twitter et Google+ en tête, les plates-formes de blog semblent être de plus en plus dépassés et sont plus sur le déclin que sur la croissance. Enfin, on peut s’interroger sur le développement business du site au-delà de la publicité, Deezer et Dailymotion proposant des contenus monétisable par du payant, on imagine mal payer pour l’accès à Skyblog !

Le défi d’Orange :

Le défi pour Orange  après ce rachat sera donc bien de convertir Skyblog en plate-forme « propre ». De faire levier sur sa base d’utilisateurs pour créer un véritable réseau social pour les jeunes où ils pourront raconter leur vie et leurs aventures, avec le risque aussi de perdre les utilisateurs existants. En intégrant en plus de la musique et des vidéos, qui sont aussi très adaptés au partage,  Orange pourrait réussir à créer un éco-système propice à l’émergence d’un réseau de partage multi-contenus et créer des synergies pour une valorisation globale de ses acquisitions. Mais pour le coup, le défi est vraiment de taille !

Pourquoi Google s’échine-t-il à vouloir fermer des comptes utilisateurs « anonymisés » et que devrait-il faire ?

Google ferme depuis quelques jours les profils Google+ d’utilisateurs ayant utilisé un pseudonyme,  les faux profils et les comptes d’auto-promotion de marque ou de blog. Cette politique fait débat et l’incompréhension est de mise tant elle semble aller à rebours des attentes de ses utilisateurs.  Je me suis donc interrogé sur les motivations de Google à mettre en place ce type de pratique et vais tenter à mon humble niveau d’apporter une solution alternative qui aurait pu permettre à Google de continuer à surfer sur son buzz positif.

Rappel du contexte

Rappelons tout d’abord de quoi il s’agit. Google+ avait prévenu dès son lancement qu’il n’accepterait que des profils publics, c’est à dire identifiable dans le moteur de recherche et dont le nom d’utilisateur correspond au nom réel de la personne. Donc pas de pseudonyme, de surnom ou de nom d’emprunt. Pas non plus d’usurpation d’identité, en créant un compte à la place d’une célébrité. Dans tous ces cas, si cette politique n’était pas respectée, Google fermerait purement et simplement le compte des utilisateurs. Il en va de même pour les comptes d’auto-promotion de marques, de sites ou de blogs qui ne sont pas encore admis sur Google+. Face à la grogne montante de certains utilisateurs qui ont vu du jour au lendemain leur compte fermé sans autre forme de procès, Google a décidé d’avertir les utilisateurs par email de la fermeture prochaine de leur compte en leur laissant la possibilité de revenir dans le droit chemin. Google permet aussi à posteriori de re-paramétrer son compte pour rentrer dans les rails de la politique du site. Bien sûr, en cas de suspension de compte cela n’aura pas d’impact sur l’accès aux autres sites de Google comme Gmail. Heureusement !

Pourquoi Google fait-il cela ?

Il convient maintenant de s’interroger sur les motivations qui poussent Google à faire cela. Google semble chercher à créer un réseau « propre », en éloignant notamment les spammers se cachant derrière un pseudonyme. Il souhaite aussi garantir qu’une personne écrivant un message où postant un commentaire soit bien la bonne personne et pas un usurpateur d’identité. Google semble également chercher à ajouter le dernier chaînon manquant à son moteur de recherche : la recherche de personnes. En effet, en garantissant la véracité du profil d’un utilisateur, Google garantit qu’une recherche sur un nom renvoie invariablement et sans faille à la bonne personne. En réunissant ces deux points, Google cherche au final à offrir les moyens à une personne de contrôler son e-reputation, en mettant à disposition une page de profil paramétrable sur Google+, en obligeant l’utilisation d’un profil public et en garantissant la véracité du profil.

Pourtant Google fait une erreur

Malgré cette bonne volonté en apparence, Google se trompe, à mon sens, de combat.

Tout d’abord, il souhaite imposer une règle à quelque chose qui touche au plus près la personne : son identité et donc par corollaire d’imposer quelque chose à une personne. Fondamentalement, cela peut donc être vu comme une action autoritaire d’imposer quelque chose à ce qui touche au plus près d’une personne. Et quand on a pour motto « don’t be evil » ce type de pratique écorne quelque peu l’image de Google.

Parenthèse philosphique fermée :), l’autre problème de cette politique est qu’elle ne correspond pas aux usages des internautes sur les sites communautaires. En effet, il est de contume d’avoir plusieurs profils, plusieurs identité sur la toile. On pourra écrire un blog à son nom car on en maitrise le contenu et les messages, on sera moins enclin à balancer un scud sur un forum ou un commentaire bien senti sur un blog avec son vrai nom. Ainsi, même sur Google+ on peut avoir envie de poster des messages ou de commenter un post de mainère publique quand on connait la personne et que l’on veut lui faire savoir qui écrit, on peut être réticent à répondre à un commentaire d’une personne que l’on suit mais que l’on ne connait pas avec sa propre identité (c’est mon cas en tout cas). Cela peut donc devenir un frein aux interactions sociales, ce qui pour un site communautaire n’est pas forcément de bon goût vous en conviendrez.

Que devrait faire Google pour appliquer une gestion de profil moins systématique ?

Nous l’avons vu, la politique de Google qui part d’une bonne volonté, semble ne pas avoir sa place dans un réseau social. Comment Google pourrait donc mieux gérer sa politique de gestion de compte tout en gardant ses bonnes intentions ?

A mon sens, Google devrait répliquer le modèle de cercle à une gestion concentrique des profils. Google a en effet très bien compris avec le système de cercle qu’on ne partageait pas la même information avec tout le monde et qu’on souhaitait contrôler les messages et les informations que l’on communique et avec qui. Il en va de même pour son identité, son profil,  son image. Ainsi, de même que l’on peut configurer ses cercles, il faudrait pouvoir configurer différents degrés de profil : un profil public avec un minimum d’informations (peut-être simplement le nom et une photo) garant de l’identité réelle de la personne, des profils personnalisés en fonction des personnes avec qui l’on communique, par exemple le surnom que nous donne un cercle d’amis, un autre pour un autre cercle, une photo de profil sérieuse pour son réseau pro et une photo de soirée pour son réseau d’amis, et éventuellement un profil anonyme qui nous permettrait d’interagir avec la communauté, de commenter, sans pouvoir être identifié. Toutes les données de profil (photo, nom, description) seraient configurables à souhait et pourrait donc être différente suivant les personnes avec qui l’on interagit. Google obligerait alors les membres du réseau social à avoir un profil public et qui corresponde à la vraie identité de la personne mais avec un minimum d’information, ce qu’ils veulent faire aujourd’hui. Ce profil serait référencé sur Google et le niveau d’information minimum devrait permettre de pouvoir trouver la personne. Les autres informations de description seraient soit absentes soit complétées suivant la volonté de la personne de contrôler son e-reputation et son image. Par contre, sur le réseau social, l’utilisateur aurait le choix d’utiliser son profil public ou un de ses profils personnalisés qui ne serait visible que par les personnes avec qui il partage une information. Idéalement, chaque profil pourrait être associé à un ou plusieurs cercles. Le profil anonyme enfin serait intraçable et garantirait à la personne de ne pas pouvoir être identifié.

Ainsi, par ce système Google contrôlerait les profils publics, assurerait l’exactitude des résultats de son moteur de recherche, et donnerait un outil de contrôle de son e-réputation sans pour autant systématiser de manière autoritaire l’utilisation de ce profil dans les interactions sociales du réseau. Il offrirait une flexibilité d’usage à ses membres et encouragerait au développement des interactions sociales sur le site. Enfin, par ce mode de fonctionnement, Google répondrait à la promesse d’universalité de Google+ en regroupant l’ensemble des profils d’un utilisateur sur la toile au sein de son réseau social, en offrant une finesse dans la visibilité et la gestion de son profil, à l’instar des cercles qui permettent de gérer ses interactions avec ses différentes communautés (amis, famille, pro, etc.).

Google+ : un succès en devenir et un avenir prometteur

C’est l’évènement de ces trois dernières semaines, Google a lancé Google+, considéré par certains (dont moi) comme la première alternative crédible à Facebook. Ce site qui s’approche en apparence de Facebook pourrait être la bonne pioche après les tentatives ratées de Google sur les réseaux sociaux, Google Buzz en tête.

Enfin Google a dégainé son arme secrète ! Après des mois de tractations, de rumeurs, de suppositions comme quoi Google chercherait à ajouter une couche sociale à ses services, voici enfin l’arrivée de Google+ et contrairement à ce que l’on a pu entendre ou lire, il semble que Google a choisi de lancer un réseau social from scratch, plutôt qu’une couche sociale.

Similitudes et différences entre Google+ et les autres réseaux sociaux

A première vue, le site s’appuie sur les mêmes fondamentaux que Facebook (fil d’actualité, partage d’information, partage de photos) et Twitter (système de follower) mais a ajouté des petites fonctionnalités qui pourraient bien garantir son succès.

En premier lieu, le système de cercle pour regrouper les personnes que l’on suit. Il permet de choisir à priori avec qui l’on souhaite partager une information (une personne, plusieurs personnes, un cercle, plusieurs cercles, etc.) et donc évite comme sur Facebook de décider une fois pour toute qui peut voir ou non quel type d’informations (par des réglages compliqués de son compte). Ici donc, on pourra partager des photos avec 1-2 personnes choisies comme avec un ou plusieurs groupes de personne définis avant le partage. En comparaison sur Facebook, il fallait partager avec tout le monde, tous ses amis, les amis de ses amis ou à certaines personnes par des paramètres compliqués. Le système de cercle permet aussi à posteriori de filtrer les informations partagées par ceux que l’on suit pour n’afficher que les données de tel ou tel cercle, fonctionnalité très pratique lorsque l’on suit des dizaines voire centaines de personnes et que seulement quelques unes nous intéresse.

Autre évolution majeure, l’instant upload. Il permet d’uploader automatiquement une photo prise avec son téléphone portable pour la retrouver sur Google+. Ainsi, plus besoin de connecter son téléphone sur son PC pour transférer ses photos sur Facebook, ou de choisir des photos à partager avec ses amis depuis son mobile . Ici, les photos sont uploadées directement et on choisira depuis son PC (ou son mobile) de les partager ou non, et avec qui. Encore une fois, Google cherche à nous faire gagner du temps et à nous faciliter la vie en transférant la gestion des photographies sur son PC plutôt que depuis le mobile ou par des transferts longs et compliqués de fichiers du mobile sur son PC.

Enfin, la visioconférence à plusieurs permettra de se retrouver entre amis sur Google+ pour se voir et discuter sur un sujet comme si on était ensemble dans la vraie vie. Fonctionnalité un peu gadget mais qui rajoute indéniablement un côté fun au service.

D’autres fonctionnalités laissent par contre plus dubitatif. Comme les sparks qui sont des espaces où l’on définit ses goûts pour que Google nous propose des articles ayant un rapport (ou peut-être que cela vient de mon côté geek préférant suivre mes flux RSS ou chercher des choses par moi même plutôt que de laisser Google me conseiller des articles…). Le bouton +1 enfin qui n’est pas un bouton de partage comme sur Facebook mais qui permet lorsqu’il est activé d’améliorer le référencement d’un article sur Internet lors d’une recherche Google et de bookmarker l’article pour le retrouver dans l’onglet +1 de sa page profil sur Google+. Cet onglet revient donc à un endroit où l’on retrouve tous les articles que l’on a aimé (une fonctionnalité qui donnerait presque une seconde jeunesse à Delicious ! :)). Dès lors, quel intérêt de mettre un +1 à un post sur Google+ s’il ne se retrouve ni dans ses feeds comme étant un commentaire liké ni dans l’espace +1 de son profil (à part bien sur pour gratifier la personne ayant écrit le post d’un +1).

L’avenir de Google+

Mais c’est surtout dans les possibilités offertes par Google+ que Google pourra vraiment tirer profit de son réseau social. Ce qui laisse à penser que cette première version n’est qu’un début.

Tout d’abord, Google semble très ouvert aux remarques, suggestions et recommandation de ses utilisateurs et transparent quant aux évolutions et améliorations à venir. Le lien « Send feefback » en bas à droite de la page semble tenir une grande importance pour le site. Cela permet à Google d’avoir des premiers retours sur son service mais aussi de se faire conseiller par des utilisateurs sur des évolutions qu’eux même n’auraient peut-être pas envisagés. Un bien bel exemple de crowdsourcing !

Ensuite, Google+ pourra sans doute encore mieux s’intégrer aux services existants de Google. Ainsi, comme Picasa est aujourd’hui parfaitement intégré à Google+ sur le partage de photographie, on peut imaginer demain que Google Reader, Google Docs ou encore Google Calendar soient aussi plus intégrés avec le réseau social permettant un partage facile et rapide avec ses cercles d’articles, de documents ou de rendez-vous  mais aussi pour Google de dévélopper l’usage et l’audience de ses services en créant des rebonds avec Google+. Il est d’ailleurs intéressant de noter pour Picasa que le service existe toujours en tant que tel et ne laisse pas totalement sa place à Google+ (même si un nouveau naming sera sans doute à venir). De la même manière, Google+ pourra aussi créer des liens avec Youtube, Google Music ou Android market pour pousser les logiques de recommandations sociales sur les films, les chansons ou les applications et par là même de développer les revenus de Google sur des services payants ou qui le deviendront de plus en plus.

Enfin, Google+ pourra créer des activités de toute pièce en  s’appuyant sur sa communauté d’utilisateurs. Par exemple, dans le social gaming, un des grands succès de Facebook, où Google n’a pas encore réussi à prendre pied par manque d’une communauté d’utilisateurs. Mais aussi, dans le marché B2B en offrant comme Facebook la possibilité de créer des pages de marque qui couplées à une logique de localisation pourraient être une sérieuse menace à des services comme Groupon dans le développement du commerce de proximité. Aussi, l’absence de publicité sur Google+ laisse à penser que le service ne sera pas ou peu monétisé de cette manière mais plutôt par de la vente de produit et services en B2C (film, musique, jeu, applications) et d’audience « atteignable » en B2B (page fan-like, local shopping).

Tout reste donc à construire pour Google+ qui semble enfin être le succès tant attendu par Google sur le marché des réseaux sociaux. Mais encore faut-il que les internautes adhèrent à ce nouveau réseau social pour faire grossir la communauté et ainsi faire de ce site un succès. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour Google.

Non la messagerie instantanée n’est pas morte !

Windows vient d’annoncer la publication d’une nouvelle version de l’application Windows Live Messenger pour Windows 7.

Cette nouvelle version développée par Miyowa (spécialiste mondial des applications sociales pour mobile) permettra entre autres : une mise à jour du statut en temps réel, l’accès à sa liste de contacts et à leur disponibilité, le tchat avec les  contacts Windows Live Messenger à 2 ou à plusieurs, la possibilité d’inclure des émoticônes dans les messages.

Cette nouvelle est un peu une surprise (au moins pour moi), tant on peut penser que l’usage de la messegarie instantanée est dépassée aujourd’hui. Et bien que nenni ! Le tchat est encore bien développé sur mobile et il semblerait même qu’avec l’avènement des smartphones et ses applications, il retrouve une seconde jeunesse. Ainsi, l’application Windows Live Messenger est la 2e application la plus utilisée sur smartphone juste derrière Facebook et devant Google avec 10% des usages, selon une étude GroupM / SFR Régie.

Et évidemment ce sont les jeunes qui sont le plus friands de ces services (c’est pour ça que ça me paraissait dépassé ! :)). On constate même qu’ils délaissent de plus en plus leur PC pour tchater via leur mobile (après avoir quitté la TV pour le PC, ils quittent le PC pour le mobile, mais où s’arrêteront-ils !). Ainsi, 2M de visiteurs uniques de 15 à 24 ans en France ont utilisé un service de messagerie instantanée mobile en mai 2010 soit une hausse de 45% sur un an, selon ComScore. On comprend ainsi le succès de BlackBerry auprès de cette population, notamment grâce au fameux BlackBerry Messenger.

Ce choix pour Microsoft n’est donc pas anodin. Il souhaite en effet rafler une part du gâteau des usages sociaux sur mobile et ne pas laisser à Facebook (toute) la part du lion. Cette nouvelle application pourra aussi devenir un argument de vente auprès d’une population jeune. D’autant que l’application de messagerie instantanée, comme toute application sociale, et extrêmement virale et que pour rester connecté à sa communauté, le jeune voudra le même portable que ses amis pour pouvoir échanger avec eux…

Reste à savoir pourquoi Microsoft a choisi de faire de Windows Live Messenger une application disponible sur son store plutôt qu’une application native pré-embarquée dans Windows 7, surtout s’il veut en faire un argument de vente.

Signature d’un partenariat entre Skype et Facebook

Nous parlions hier de l’opportunité pour Facebook de proposer une offre de VoIP lors de notre analyse des pistes de développement pour Facebook mobile, il semblerait que le réseau social se dirige effectivement dans cette voie!

En effet, le site AllThingsDigital rapporte la signature d’un accord entre Facebook et la plateforme de VoIP permettant pour l’instant de se connecter à Skype grâce à ses identifiants Facebook (via Facebook Connect). Nul doute que si cet accord se révèle fructueux, il est possible à terme que Facebook intègre directement les fonctionnalités de Skype dans son réseau social sur PC mais pourquoi pas aussi sur mobile !

Ce rapprochement fait évidemment sens lorsque l’on réfléchit à l’intérêt stratégique des 2 groupes.

Pour Skype, qui compte 560 millions d’utilisateurs inscrits (contre près de 500 millions pour Facebook) et près de 120 millions d’utilisateurs mensuel , l’arrivée de Facebook Connect va leur permettre d‘élargir encore leur base d’utilisateurs, notamment aux US où Skype est moins développé qu’en Europe. Mais cette alliance leur permettra également de faire face à l’arrivée de concurrents du Web et notamment Google et son service Google voice, qui vient récemment d’être intégré à Gmail.

Pour Facebook, qui vise à relier les gens via sa plateforme, l’objectif est de fournir un moyen de communication supplémentaire à ses utilisateurs. Ainsi la voix vient s’ajouter à l’ensemble des services de communication proposés sur Facebook comme la messagerie instantanée ou l’envoi de messages. Mais on peut imaginer à terme l’intérêt que Skype peut représenter dans le cas d’une intégration du service de VoIP sur la plateforme mobile de Facebook. Ainsi, il sera possible de communiquer  avec son réseau de PC à PC mais aussi de PC à mobile. On peut imaginer en allant plus loin que nos bon vieux numéros de téléphone soient remplacés un jour par nos identifiants Facebook ! (ce qui est déjà le cas sur Skype où on recherche aujourd’hui une personne par son nom, prénom ou identifiant). Enfin, il est intéressant de noter la logique de développement de Facebook qui privilégie les accords de partenariat plutôt que les développements en interne, ce qui a pour avantage notamment une plus grande rapidité pour le lancement du produit et l’utilisation de solutions éprouvées et fiables (mais qui a pour contre-partie majeure de ne pas être propriétaire de ses produits).

Néanmoins cet accord pose une autre question, celle de l’ouverture des réseaux. En effet, Skype et Facebook sont les 2 exemples les plus emblématiques de la fermeture sur internet (je n’oublie bien sur pas Apple ! :)). Ces deux services sont des réseaux propriétaires, ayant leur propre langage et leur propre condition d’utilisations, et n’affichant pas dans leur communication une grande volonté de s’ouvrir à l’extérieur. Si cet accord est un succès, on peut donc craindre une menace pour la logique fondatrice d’Internet : l’ouverture des réseaux et le partage du savoir…

via AllThingsDigital

Facebook Mobile : A quoi pourrait ressembler la plateforme mobile de Facebook ?

Des rumeurs courent depuis déjà un moment sur le lancement d’un téléphone mobile par Facebook. L’information est sortie sur TechCrunch US et a vite été relayée sur la blogosphère, si bien que Marc Zuckerberg en personne a dû faire une annonce plus ou moins officielle lors d’une interview accordée à TechCrunch sur la volonté de construire une « couche sociale » pour tous les supports (web, mobile ou autres) et non de lancer un terminal mobile. L’idée étant de se baser sur les systèmes d’exploitation mobiles existants (Android, iOS) pour développer sa propre plateforme de services Facebook.
Si ce correctif est pour le moins clair sur la volonté de Facebook de ne pas se lancer dans le hardware ni de créer son propre OS, des questions restent en suspend sur ce que sera Facebook Mobile et comment il se concrétisera?

Mais demandons nous d’abord pourquoi Facebook souhaite lancer sa plateforme mobile ?
Parce qu’il aurait tord de s’en priver tout simplement ! L’application Facebook sur smartphone a été pendant très longtemps l’application la plus téléchargée et reste encore très bien positionnée dans les ranking de téléchargement. Facebook est par essence adapté au mobile : suivi en mobilité des activités de son réseau, update en temps réel de son profil, passe-temps favori lorsque l’on a rien à faire…
Mais aussi et surtout, parce qu’un réseau social est par définition adapté au mobile et se rapproche fortement d’un réseau de télécommunication. Pour ne citer que quelques exemples, le carnet d’adresse d’un téléphone n’est pas fondamentalement différent des « amis » de son réseau social, les moyens de communication téléphoniques retrouvent leur équivalent sur Facebook (Messagerie, IM, update de profil), le profil utilisateur peut être assimilé à un utilisateur de téléphone (nom, prénom, numéro/page de profil), etc.

Alors à quoi pourrait ressembler Facebook mobile et que pourrait-il intégrer de plus que l’application mobile ?
Tout d’abord, Facebook mobile pourrait aller encore plus loin dans l’intégration des « amis » avec le carnet d’adresses du téléphone, il pourrait d’ailleurs presque se substituer à lui ! Ainsi, on ne choisirait plus une personne dans son carnet d’adresses par son numéro mais par son profil Facebook. On peut ainsi également envisager des fiches de contact beaucoup plus riches où l’on pourrait avant même d’appeler une personne connaitre son humeur du moment, ses dernières news ou sa localisation, sans parler de sa photo de contact qui s’updaterait automatiquement. Cela permettrait en outre de résoudre un problème fréquent chez les détenteurs de portables qui est celui de perdre ses contacts avec son téléphone puisque dès lors tout sera enregistré sur Facebook. Et si Facebook proposait en plus un mode de communication type VoIP via Facebook Mobile pour les appels avec ses « amis » sur PC ou mobile, nul doute que la plateforme mobile trouvera rapidement sa clientèle.
De même que le carnet d’adresses, toutes les fonctionnalités du téléphone pourront être plus intégrées avec le réseau social : l’appareil photo, avec un partage en temps réel sur le réseau social ; le GPS et un positionnement permanent sur Facebook Place ; la messagerie, avec l’utilisation de l’outil de messagerie du téléphone ; ou les notifications et autres updates qui s’intégreront encore plus dans le téléphone.
Mais l’autre fonctionnalité majeure à attendre de Facebook mobile sera incontestablement l’AppStore Facebook. Non seulement parce que plus aucune plateforme mobile n’est lancée sans AppStore aujourd’hui mais aussi parce que les applications sont depuis la création du réseau social un pilier de son succès. Il existe déjà de nombreuses applications sur la version fixe du réseau social et il ne fait aucun doute que ces applications se retrouveront tôt ou tard sur mobile et permettront un usage convergent sur fixe et mobile, comme par exemple, suivre une partie de social gaming depuis son PC ou son mobile sans coupure. Encore une fois, l’offre sera plus qu’alléchante pour les utilisateurs qui souhaiteront ne jamais quitter leur partie de Farmville, alors qu’ils sont chez eux ou en déplacement. Et cette fois, seul Facebook pourra proposer ce service puisque la base d’utilisateurs est déjà présente sur le réseau social pour la version fixe des applications.

Quel bénéfice Facebook peut attendre de cette plateforme ?
Tout d’abord un attrait financier, sur la vente de licences si la plateforme est payante mais aussi d’applications dans le cas où un AppStore serait lancé. Le contrôle de l’internet mobile ensuite. Car comme Facebook est en train de structurer l’information sur l’Internet fixe (par exemple via Facebook Connect), il y a fort à parier qu’ils chercheront à en faire de même sur l’internet mobile via les applications sur Facebook Mobile et la re-création d’applications existantes sur d’autres OS en intégrant en plus une couche sociale Facebook (par exemple, le re-développement de l’appli LeMonde avec une fonctionnalité de partage de l’information directement sur Facebook Fixe et Mobile). Et par là, une connaissance encore plus fine de ses utilisateurs, et donc des possiblités de personnalisation et de ciblage publicitaire encore plus poussées.

Quels sont les risques pour Facebook ?
Le risque n°1 comme à chaque fois que Facebook lance un nouveau service est une diminution des libertés de ses utilisateurs et le risque d’un tôlée de la part de ses détracteurs sur l’utilisation d’informations personnelles.
Mais le choix de baser Facebook sur une plateforme existante comme Android représente à mon sens un risque car il y a fort à parier que Google voit d’un mauvais oeil une plateforme comme Facebook sur son propre OS, surtout quand on sait que Google envisage de lancer sa propre plateforme sociale. De même Apple qui a lancé Ping sur iTunes semble s’orienter de plus en plus sur des logiques sociales et RIM également souhaite faire levier sur BlackBerry Messenger pour enrichir son offre de fonctionnalités sociales. Ainsi pour Google, si les conditions d’utilisation d’Android permettent aujourd’hui une utilisation libre de son OS open source, il n’est pas certain que Google garde cette logique d’ouverture si son propre OS est une menace pour ses services. Cette dépendance est donc risquée pour Facebook et le développement d’un OS, le rachat d’une plateforme existante (comme aurait pu l’être WebOS avant son rachat par HP ou Symbian) ou un partenariat avec Microsoft, actionnaire de Facebook, pour un déploiement sur Windows Mobile 7, auraient peut-être permis à Facebook d’aller plus loin dans son projet de plateforme mobile sans risque de dépendance pour la concurrence. Par contre, Facebook pourra compter sur un allier de poids pour sont projet : les opérateurs télécom qui doivent voir dans ce nouvel arrivant un moyen supplémentaire de justifier la vente d’abonnements à l’internet mobile, notamment auprès d’une population jeune qui n’est pas encore énormément équipée en forfait data mobile.

Eric Schmidt annonce Google Me pour cet Automne !

Dans une interview reporté Jeudi dernier par le Wall Street Journal et Reuters, Eric Schmidt évoque l’avenir de Google sur les réseaux sociaux. Le sens de la démarche serait d’agir par petite touche en introduisant des fonctionnalités sociales dans les produits phares de Google.

En effet, E. Schmidt parle d’introduire des « couches sociales » dans ses services au lieu de lancer un produit from scratch ([We] intend to work in « layers » of social networking to its sites, rather than unveil a flashy product […] We’re trying to take Google’s core products and add a social component).

La démarche est intéressante mais suscite quelques interrogations.

Tout d’abord, ce spoiler est-il bien le Google Me que tout le monde attend? Notamment quand on revient sur les mois qui viennent de passer, où Google n’a cessé de multiplier les acquisitions de nombreux acteurs du social Gaming (SocialDeck, Zinga, etc.) laissant penser qu’ils attaqueraient Facebook sur le créneau du jeu en ligne.

Mais en plus cette démarche est-elle la plus pertinente d’un point de vue « social » lorsque l’on regarde les différents services proposés par Google ? En effet, la sphère sociale des services Google est presque différente pour chaque service. Les contacts mail sur Gmail, les followers sur GBuzz, les « amis » sur Youtube, les utilisateurs suivis sur Google Reader, etc. sont autant de réseaux sociaux qu’il sera difficile de fédérer au sein d’une même couche sociale. L’exemple de Google Buzz étant le plus frappant, où Google a reçu une vague de critique en intégrant dans  le réseau Buzz les contacts Gmail les fréquemment utilisés et en les publiant par défaut aux autres utilisateurs.

Néanmoins, cette démarche est censée de la part de Google qui pourra ainsi évangéliser ses services en faisant levier sur une base d’utilisateurs des services phares pour attirer de nouveaux utilisateurs sur les autres services grâce à une couche sociale.