Google+ : un succès en devenir et un avenir prometteur

C’est l’évènement de ces trois dernières semaines, Google a lancé Google+, considéré par certains (dont moi) comme la première alternative crédible à Facebook. Ce site qui s’approche en apparence de Facebook pourrait être la bonne pioche après les tentatives ratées de Google sur les réseaux sociaux, Google Buzz en tête.

Enfin Google a dégainé son arme secrète ! Après des mois de tractations, de rumeurs, de suppositions comme quoi Google chercherait à ajouter une couche sociale à ses services, voici enfin l’arrivée de Google+ et contrairement à ce que l’on a pu entendre ou lire, il semble que Google a choisi de lancer un réseau social from scratch, plutôt qu’une couche sociale.

Similitudes et différences entre Google+ et les autres réseaux sociaux

A première vue, le site s’appuie sur les mêmes fondamentaux que Facebook (fil d’actualité, partage d’information, partage de photos) et Twitter (système de follower) mais a ajouté des petites fonctionnalités qui pourraient bien garantir son succès.

En premier lieu, le système de cercle pour regrouper les personnes que l’on suit. Il permet de choisir à priori avec qui l’on souhaite partager une information (une personne, plusieurs personnes, un cercle, plusieurs cercles, etc.) et donc évite comme sur Facebook de décider une fois pour toute qui peut voir ou non quel type d’informations (par des réglages compliqués de son compte). Ici donc, on pourra partager des photos avec 1-2 personnes choisies comme avec un ou plusieurs groupes de personne définis avant le partage. En comparaison sur Facebook, il fallait partager avec tout le monde, tous ses amis, les amis de ses amis ou à certaines personnes par des paramètres compliqués. Le système de cercle permet aussi à posteriori de filtrer les informations partagées par ceux que l’on suit pour n’afficher que les données de tel ou tel cercle, fonctionnalité très pratique lorsque l’on suit des dizaines voire centaines de personnes et que seulement quelques unes nous intéresse.

Autre évolution majeure, l’instant upload. Il permet d’uploader automatiquement une photo prise avec son téléphone portable pour la retrouver sur Google+. Ainsi, plus besoin de connecter son téléphone sur son PC pour transférer ses photos sur Facebook, ou de choisir des photos à partager avec ses amis depuis son mobile . Ici, les photos sont uploadées directement et on choisira depuis son PC (ou son mobile) de les partager ou non, et avec qui. Encore une fois, Google cherche à nous faire gagner du temps et à nous faciliter la vie en transférant la gestion des photographies sur son PC plutôt que depuis le mobile ou par des transferts longs et compliqués de fichiers du mobile sur son PC.

Enfin, la visioconférence à plusieurs permettra de se retrouver entre amis sur Google+ pour se voir et discuter sur un sujet comme si on était ensemble dans la vraie vie. Fonctionnalité un peu gadget mais qui rajoute indéniablement un côté fun au service.

D’autres fonctionnalités laissent par contre plus dubitatif. Comme les sparks qui sont des espaces où l’on définit ses goûts pour que Google nous propose des articles ayant un rapport (ou peut-être que cela vient de mon côté geek préférant suivre mes flux RSS ou chercher des choses par moi même plutôt que de laisser Google me conseiller des articles…). Le bouton +1 enfin qui n’est pas un bouton de partage comme sur Facebook mais qui permet lorsqu’il est activé d’améliorer le référencement d’un article sur Internet lors d’une recherche Google et de bookmarker l’article pour le retrouver dans l’onglet +1 de sa page profil sur Google+. Cet onglet revient donc à un endroit où l’on retrouve tous les articles que l’on a aimé (une fonctionnalité qui donnerait presque une seconde jeunesse à Delicious ! :)). Dès lors, quel intérêt de mettre un +1 à un post sur Google+ s’il ne se retrouve ni dans ses feeds comme étant un commentaire liké ni dans l’espace +1 de son profil (à part bien sur pour gratifier la personne ayant écrit le post d’un +1).

L’avenir de Google+

Mais c’est surtout dans les possibilités offertes par Google+ que Google pourra vraiment tirer profit de son réseau social. Ce qui laisse à penser que cette première version n’est qu’un début.

Tout d’abord, Google semble très ouvert aux remarques, suggestions et recommandation de ses utilisateurs et transparent quant aux évolutions et améliorations à venir. Le lien « Send feefback » en bas à droite de la page semble tenir une grande importance pour le site. Cela permet à Google d’avoir des premiers retours sur son service mais aussi de se faire conseiller par des utilisateurs sur des évolutions qu’eux même n’auraient peut-être pas envisagés. Un bien bel exemple de crowdsourcing !

Ensuite, Google+ pourra sans doute encore mieux s’intégrer aux services existants de Google. Ainsi, comme Picasa est aujourd’hui parfaitement intégré à Google+ sur le partage de photographie, on peut imaginer demain que Google Reader, Google Docs ou encore Google Calendar soient aussi plus intégrés avec le réseau social permettant un partage facile et rapide avec ses cercles d’articles, de documents ou de rendez-vous  mais aussi pour Google de dévélopper l’usage et l’audience de ses services en créant des rebonds avec Google+. Il est d’ailleurs intéressant de noter pour Picasa que le service existe toujours en tant que tel et ne laisse pas totalement sa place à Google+ (même si un nouveau naming sera sans doute à venir). De la même manière, Google+ pourra aussi créer des liens avec Youtube, Google Music ou Android market pour pousser les logiques de recommandations sociales sur les films, les chansons ou les applications et par là même de développer les revenus de Google sur des services payants ou qui le deviendront de plus en plus.

Enfin, Google+ pourra créer des activités de toute pièce en  s’appuyant sur sa communauté d’utilisateurs. Par exemple, dans le social gaming, un des grands succès de Facebook, où Google n’a pas encore réussi à prendre pied par manque d’une communauté d’utilisateurs. Mais aussi, dans le marché B2B en offrant comme Facebook la possibilité de créer des pages de marque qui couplées à une logique de localisation pourraient être une sérieuse menace à des services comme Groupon dans le développement du commerce de proximité. Aussi, l’absence de publicité sur Google+ laisse à penser que le service ne sera pas ou peu monétisé de cette manière mais plutôt par de la vente de produit et services en B2C (film, musique, jeu, applications) et d’audience « atteignable » en B2B (page fan-like, local shopping).

Tout reste donc à construire pour Google+ qui semble enfin être le succès tant attendu par Google sur le marché des réseaux sociaux. Mais encore faut-il que les internautes adhèrent à ce nouveau réseau social pour faire grossir la communauté et ainsi faire de ce site un succès. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour Google.

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